"En karate, on ne peut obtenir aucun avantage à être l'agresseur. Il est important que le premier mouvement soit exécuté pour écarter une attaque, bien qu'en pratique ce geste défensif prenne de lui
même le caractère d'une attaque."

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Brève histoire du karaté

Les origines du karaté restent encore aujourd’hui assez obscures, tant faits avérés, mythes et légendes se trouvent intimement mêlés. Ainsi, on entend souvent évoquer sans plus de détails, l’influence du moine indou Bodhidharma [達磨] s’installant dans le monastère de Shaolin [] (VIème siècle ap. J.-C.), « inventant » le wushu [武術] chinois qui aurait par la suite influencé les arts de combat japonais via Okinawa [冲縄]. L’histoire est cependant plus longue et bien plus complexe.

Entre le XVIème et XVIIIème siècles, Okinawa, île principale de l’archipel des Ryûkyû [琉球], a vu se développer des pratiques de combats à mains nues endémiques, ceci dans un contexte socioculturel particulier. Située en l’un des points névralgiques des rencontres entre la Chine et le Japon, l’île bénéficie alors de l’apport des gymnastiques taoïstes ainsi que de celui des activités physiques venant de l’archipel nippon, mais aussi de tout un système de pensée. En effet, suite à la prise de pouvoir par Tokugawa Ieyasu [徳川家康] (1543-1616), le Japon connaît une longue période de stabilité politique et militaire, dite période Edo [江戸時代] (1603-1867), au cours de laquelle les Ryûkyû dépendent du pouvoir shogunal (Elisseeff, 2001). Durant cette période, un vaste mouvement de codification des techniques martiales se déroule au Japon. Les écoles ryû-ha [流派] fleurissent (Champault, 1997 ; Amdur, 2006) et des principes de pratiques sont également mis par écrit. Les traités les plus connus sont le Fudôchi shinmyôroku [不動智神妙録] « Récit mystérieux de la sagesse immuable » (1632) de Takuan Sôhô [沢庵宗彭] (1573-1645) ; le Heihô Kadensho [兵法家伝書] « Le sabre de vie » (1632) de Yagyû Munenori [柳生宗矩] (1571-1646) ; et le Gorin no sho [五輪の書] « Livre des cinq roues » (1645) de Miyamoto Musashi [宮本武蔵] (1584-1645). De même, le célèbre code du bushidô [武士道] est formalisé pour la première fois en 1629 au travers du Buke shohatto [武家諸法度], « loi sur les maisons militaires », puis dans le Budô shoshin-shû [武道初心集], l’« Introduction à la voie des armes », ouvrage posthume de Daidôji Yûzan [大道寺友山] (1638-1730). Dans ce contexte, se produisent également des rencontres « inter-régions » de sumô [相撲], de kyûjustu [], ainsi que des compétitions de poids et haltères, contribuant à diffuser une certaine culture physique dans tout l’archipel nippon et jusqu’aux Ryûkyû. Par ailleurs, l’interdiction du port d’armes à Okinawa par les Seigneurs chinois, perpétuée par le shogunat japonais, profite à l’émergence de techniques de combat alors atypiques. Des styles de combat pieds-poings aux origines diverses se développent progressivement et prennent des dénominations bien connues : shuri-te [首里手] ; naha-te [那覇] ; tomari-te [] (Jeanne, 2002).

En 1853, l’intrusion du commodore américain Matthew Perry près de la capitale nippone ouvre le pays au commerce et au monde. Des changements politiques surviennent rapidement, concrétisés par l’entrée dans l’ère Meiji [明治時代] (1868-1912), période de modernisation et de profonds bouleversements. Cette « révolution » se fonde notamment sur l’affirmation de l’unité et de l’égalité de toutes les classes sociales, pour le plus grand profit de l’économie du pays, et sur la nécessité d’accroître les niveaux scientifiques et technologiques afin d’égaler ceux des puissances étrangères (Elisseeff, 2001). Ainsi, la disparition des bushi [武士] et l’interdiction du port du sabre sont promulguée en 1876 (haitô-rei [廃刀令]). La pratique des bugei [武芸], symbole de la classe guerrière et de l’ordre de la société féodale, parait ne plus avoir de raison d’être. L’une des voies leur ayant permis de ne pas tomber dans l’oubli est passé par la mise en œuvre d’une politique éducative dynamique et la volonté d’établir une « éducation physique » propre à soutenir la croissance du pays. Ainsi, dès 1872 le système d’éducation physique français et hollandais est appliqué au Japon. Une nouvelle étape est franchie en 1878 avec la création du taisô denshûjo [体操伝習所], le « centre pour l’enseignement de la gymnastique ». Enfin, suite à la victoire du Japon sur la Chine en 1895, des « méthodes de gymnastique par les arts de combat », bujutsu taisô-hô [武術体操法], se mettent en place et sont instituées par la création en 1895 du Dai Nippon Butokukai [大日本武徳会], « association des vertus guerrières du Grand Japon », puis du Bujutsu kyôin yôseijô [武術教員養成所], « centre de formation d’enseignant en techniques de combat ». C’est dans ce contexte qu’est effectuée dès 1892 une démonstration de karate [空手] devant un commissaire japonais à l’éducation en visite à Okinawa. Celui-ci demande qu’il soit intégré à l’enseignement des premiers lycées publics locaux. Puis, à partir des années 1900, la pratique est totalement incluse dans le programme d’éducation physique scolaire. Parallèlement les différentes formes d’Okinawa-te [沖縄手] subissent certaines transformations. Cinq kata [型;形] de base sont élaborés par Ankô Itosu [糸洲安恒] (1831-1915) à destination des publics scolaires, pour être ensuite être diffusés à travers différents styles dans le premier quart du XXème siècle, avec Mabuni Kenwa [摩文仁賢和] (1889-1952) (style Shitô-ryû [糸東流]), Miyagi Chôjun [宮城長順] (1888-1953) (style Goju-ryu [剛柔流]) et Funakoshi Gishin [船越義珍] (1869-1957) (style Shôtôkan-ryû [松涛館流]). C’est finalement en 1917 que le karaté est véritablement introduit au Japon, par l’intermédiaire de Funakoshi Gichin, instituteur issu de la petite noblesse Okinawaïenne, invité à réaliser une démonstration de karaté auprès des membres du Dai Nippon Butokukai (Jeanne, 2002). Suite au succès de cette manifestation, il s’installe définitivement à Tôkyô en 1921, pour divulguer et enseigner son art qui deviendra le karate-dô [空手道]. Malheureusement, la monté du nationalisme nippon et la militarisation du pays modifient l’objectif de l’enseignement des arts martiaux. Celui-ci n’est plus seulement technique ou spirituel, il était avant tout moral et disciplinaire. La plupart des historiens s’accordent en effet sur l’idée que « plus le Japon s’avança sur la voie du militarisme, plus l’enseignement des budô se fit compulsif dans les écoles, dans le but de fortifier le patriotisme, et éventuellement de servir au combat. » (Champault, 1997).

Suite à la défaite nippone, les autorités américaines, représentées par le général Mac Arthur, interdisent la pratique des budô, jugés faire la promotion des valeurs nationalistes et expansionnistes, cela jusqu’à l’application du traité de San Francisco en 1950. Étonnamment, l’interdiction sera levée dès 1947 pour le karaté. Lors d’une démonstration effectuée devant Mac Arthur et quelques officiers supérieurs, des pratiquants parviennent à présenter le karaté non pas comme un « art martial japonais », mais comme une « inoffensive boxe chinoise » (Jeanne, 2002). À cette occasion, l’activité fera l’objet d’un reportage publié dans le “Life Magazine” du 13 octobre 1947. C’est donc à partir du début des années 1950 que les pratiques martiales japonaises commencent massivement à être exportées dans le monde entier, mais cette fois dans une perspective plus pacifiste. En France, les techniques de combat japonaises sont en partie connues depuis le début du XXe siècle. C’est dans les années 1900 qu’est introduit à Paris ce que l’on appelle alors le « jiu-jitsu ». À la même époque quelques cercles d’escrimeurs parisiens s’intéressent brièvement à l’escrime japonaise. Entre 1905 et 1907, la revue « Les Armes » y consacre plusieurs articles (L’Aminot, 1991). A contrario, le karaté est introduit en France beaucoup plus tardivement, officiellement et pour la première fois à Paris en 1951 lors des championnats d’Europe de judo où furent effectuées des démonstrations de karaté, d’aïkido et de sabre. Une poignée de judokas, dont Henri Plée (1923-), s’intéresse rapidement à cette nouvelle technique. Ce dernier fonde, en 1954, la Fédération Française de Boxe Libre et de Karaté (FFBLK). Rapidement, la venue des « experts » japonais, après celle de Hiroo Mochizuki (1936-) et de Tetsuji Murakami (1927-1987), ouvre l’Hexagone à la discipline. Néanmoins, les pouvoirs publics français accordent encore peu de crédit au karaté véhiculant à l’époque une image de combat brutal. Dans une période de « sportivisation » croissante, le ministère incite à un rapprochement avec la fédération de judo. En 1960, la FFBLK signe son adhésion à la FFJDA ; dix ans plus tard, est créée l’Union Fédérale de Karaté. Ce partenariat est pourtant instable. Face à ces difficultés, le ministère envisage l’autonomisation (Rosello, 1994). La Fédération Française de Karaté et d’Arts Martiaux Affinitaires (FFKAMA) voit finalement le jour en 1976, forte de 58.500 licenciés. Après une décennie, elle en rassemble déjà plus de 135.000. Pour l’année 2009, on dénombre 191.000 licenciés. Une véritable politique de développement vise désormais à faire la promotion du karaté auprès de publics divers, à développer de nouvelles modalités de pratique (karaté jutsu, karaté contact, body karaté, armes traditionnelles, etc.), et à favoriser la croissance des disciplines associées (Julhe, 2009). En témoigne, en 2006, le changement de sigle de l’organisme national qui devient Fédération Française de Karaté et Disciplines Associées (FFKDA). À l’heure de la mondialisation « l’art de la main vide » cherche sans doute en France une forme de spécificité dans la pluralité.

Samuel Julhe

Maître de Conférences, UFR STAPS

Université Bordeaux Segalen

Équipe VSTII, EA 4140

Bibliographie

Amdur Ellis, Traditions martiales : origine et transmission du savoir dans les écoles d’escrime japonaise, Noisy-sur-Ecole, Budo Editions, 2006.

Aminot (L’) Tanguy, « Histoire du kendô en France (1955-1990) », in Jeux et sports dans l’histoire, 116e Congrès National des Sociétés Savantes, Chambéry, 1991, pp.171-192.

Champault Françoise, « Du jûjutsu au jûdô, ou du particulier à l’universel, un exemple de changement durant l’ère Meiji », Ibisu – Etudes Japonaises, 1997, n°16, pp.69-94.

Elisseeff Danielle, Histoire du Japon, Monaco, Ed. du Rocher, 2001.

Jeanne Ludovic, « La pratique du karaté en France et au Japon (Okinawa) : Identités, idéologies et cultures », in Jean-Paul Callède, et al. (dir.), Sport et identité. Paris, L'Harmattan, 2000.

Jeanne Ludovic, Le karaté à l’épreuve du monde : diffusion socio-spatiale d’une pratique corporelle. Analyse comparative des formes de pratique en France et au Japon. Thèse de 3ème cycle, Géographie, Université de Caen, 2002.

Julhe Samuel, « Les pratiques martiales japonaises en France. Institutionnalisation des disciplines et professionnalisation de l’enseignement », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, 2009, n°179, pp. 93-111.

Rosello Marie-Angèle, Karaté : phénomène social total. Etude anthropo-sociologique d'une pratique physique. Thèse de 3ième cycle, Sociologie, Université Toulouse le Mirail, Toulouse, 1994.